Green House Keeper contrôle les serres à distance

En aquaponie on peut dire qu’il y a tout à inventer (en France tout du moins) et la société Green House Keeper l’a bien compris!
Basée à Montpellier, cette petite startup nommée Green House Keeper, GHK pour les intimes, va proposer au grand public et aux cultivateurs professionnels un système complet de pilotage des cultures sous serre à distance!
Leur offre est complète et comprend le logiciel, le réseau, les capteurs et les lampes et caméras hightech reliées à une intelligence artificielle. Les heureux utilisateurs du GHK pourront surveiller et contrôler leurs cultures à distance via un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

Sur la photo d’illustration de cet article, vous avez un aperçu de l’application de Green House Keeper – (crédit photo : Green House Keeper).
La petite équipe de Green House Keeper travaille dans les bâtiments de Minéa, un incubateur de l’Institut de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture (Irstea). Leur but est de finaliser leur système complet de contrôle et mesure de la croissance de plantes en culture classique ou hors-sol comme en hydroponie ou aquaponie).
Ce sont deux Pierre qui collaborent sur ce projet : Pierre Joram qui est botaniste et pharmacien et Pierre Richard qui est ingénieur R&D spécialiste hardware et software sur la mise au point d’un « ordinateur climatique » doté d’une intelligence artificielle et du système de pilotage Herbro. Leur système permet l’analyse à distance grâce aux caméras et au logiciel.

La startup GHK collabore avec l’unité de recherche ITAP de l’Irstea. Leur société est incubée par l’incubateur régional de la recherche publique Languedoc-Roussillon Incubation (LRI). Autofinancée jusqu’ici, la société doit être créée en mars avec tous les brevets déposés.

Un système modulaire et adapté

Le système de pilotage, entièrement adaptable et s’adapte au nombre de capteurs installés. Parmi tous ces capteurs, GHK propose :

  • capteurs de température
  • capteurs d’humidité, de CO2
  • capteurs de pression
  • caméra multi spectrale NDVI
  • … et toute la panoplie d’actionneurs disponibles pour modifier la ventilation, la lumière, l’arrosage, activer des appareils électriques, etc …

Le fonctionnement de leur système est simple, c’est un petit boîtier électronique de contrôle qui génère une application accessible en Wi-Fi sur l’ordinateur, tablette ou smartphone. Les utilisateurs du Green House Keeper peuvent surveiller via leur tableau de bord des graphiques et des images filtrées (NDVI) provenant des capteurs et caméras. Suivant les informations traitées, ils peuvent agir grâce à l’application en modifiant des paramètres comme le climat ou le spectre lumineux, ce qui génèrera des réactions ad hoc de la plante.

« Faire varier l’intensité et la modulation du spectre de la lumière donne une cascade d’informations à la plante » Pierre Joram


Voici deux photos de leur outils d’analyse qui est un capteur de multi spectre.

Deux prototypes sont disponibles

L’équipe de Green House Keeper travaille actuellement sur deux versions de leur Herbro : l’une destinée à une clientèle professionnelle (producteurs horticoles, maraîchers, serriculteurs, pépiniéristes, chercheurs et botanistes) et l’autre pour les particuliers passionnés de culture urbaine.

« L’agriculteur de demain devra être plus économe en ressource et plus respectueux de l’environnement, mais plus productif pour nourrir une population croissante, c’est un marché en forte croissance » Pierre Joram.

Le pack grand public comprendra l’ordinateur climatique, un boîtier de commandes à trois prises et un capteur tridimensionnel, et pourra se voir adjoindre des accessoires (lampe LED, capteur, caméra). Green House Keeper travaille tout spécialement sur l’intégration d’électronique aux lampes LED de son partenaire, le fabricant belge de lampes horticoles Colasse. « Les lampes LED ont plusieurs avantages : moins énergivores, elles permettent un climat plus stable. »
Un prototype de l’offre indoor grand public vient d’être testé trois mois dans un magasin montpelliérain de l’enseigne Culture Indoor (130 magasins en France), partenaire de Green House Keeper. « Les retours sont bons, assure Pierre Joram. Les gens veulent une solution simple et robuste. » Green House Keeper la présentera en avril au salon de l’innovation Maker Faire Paris.

De tels ordinateurs existent déjà, précise Pierre Joram, mais ils sont destinés aux grandes serres, ils sont très couteux – 10 000 € contre 600 € pour notre version – et compliqués d’utilisation.

 

Une vraie collaboration « gagnant-gagnant »

« Nos capteurs pour les données climatiques et de luminosité sont opérationnels, commente Pierre Joram. Le but de notre collaboration avec les scientifiques d’Irstea est d’intégrer des capteurs capables d’identifier avec précision l’état de la plante et donc ses besoins. » Au bout du compte, le jeune entrepreneur vise une meilleure performance de son système intelligent, en adaptant les paramètres au plus près des besoins de la plante, et permettant ainsi également des économies d’eau, d’intrants et d’énergie

Coté Irstea, comme l’explique Alexia Gobrecht, responsable de l’équipe spécialisée en optique instrumentale et plus précisément en spectrométrie, imagerie et traitement du signal : « ce partenariat nous permet de transférer nos recherches, car nous avions déjà développé et même breveté de tels capteurs. Il s’agit maintenant de les adapter pour qu’ils répondent précisément à cette application. À terme, nous pourrons soit breveter l’amélioration de nos capteurs, soit déposer un nouveau brevet en copropriété avec GHK. C’est très stimulant pour nous car l’application soulève de nouvelles questions de recherche, comme quelle est la meilleure architecture optique pour acquérir le meilleur signal ou encore comment relier le signal à l’état réel de la plante (état sanitaire, état carencé ou non, etc.). »

Et déjà de nouvelles étapes franchies

Pour l’heure, le projet vient de se voir attribuer des fonds Captiven, permettant l’embauche en contrat à durée déterminée de 6 mois d’un ingénieur en optique instrumentale au sein de l’équipe à partir de juillet. Il sera chargé d’adapter les capteurs issus de la recherche au suivi de l’état physiologique des plantes dans le cadre du dispositif développé par GHK. Autre nouveauté, la start-up vient de finaliser un élément inédit de son dispositif : la conception de lampes LED multi-spectrales autrement dit, des lampes dont on peut faire varier la longueur d’onde (et donc la couleur de la lumière émise) pour choisir la plus adaptée au type de culture et à ses stades de développement…

Et déjà Pierre Joram pense aux prochains défis de GHK : adapter le dispositif à de grandes surfaces pour répondre aux besoins de professionnels (horticulteurs, maraîchers, pépiniéristes…), en conservant sa simplicité d’utilisation et un tarif accessible mais aussi proposer des développements sur-mesure…

 

Pour en savoir plus vous pouvez visiter leur site : Green House Keeper.

 

Article rédigé d’après ces articles :

  • usine-digitale.fr/article/green-house-keeper-veut-piloter-les-cultures-en-serres-a-la-data.N382424
  • irstea.fr

A propos de l'auteur :

Passionné d'aquaponie et de permaculture, j'apporte ma petite pierre à l'édifice en menant diverses activités de promoteur de l'aquaponie en France.

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